La Fée Margalide

Catégories: Légendes
Tags: Pas d'étiquette
Commentaires: Commentaires fermés sur La Fée Margalide

Margalide était une fée belle, très belle, si belle que sa beauté rayonnante excita la jalousie des Dames Blanches de la montagne de Gez qui surveillaient l’entrée du Val d’Azun, au carrefour d’Ourout. Trop belle pour courir librement, trop belle pour être prise par les hommes qui n’auraient plus d’yeux que pour elle, trop belle à faire tourner les coeurs et la raison…
Les Dames Blanches de Gez condamnèrent la pauvre Margalide à vivre sous la terre, errant entre les fontaines de Capdivère et celle de Bardéroun. Seule une main pure pourrait lui faire recouvrer sa liberté, à condition que cette main déroulât jusqu’au bout le peloton de soie rouge dont la fée était nantie. Aussi Margalide laissait-elle flotter dans l’onde claire de la fontaine l’extémité du fil de soie, espérant ardemment la venue de cette main salvatrice qui changerait enfin son destin.

Un jour, la fontaine reçut la visite d’une jeune fille d’Arcizan, venue puiser de l’eau avec sa cruche. Le ruban de soie rouge ondulant au gré du courant éveilla sa curiosité et son désir: sa main innocente plongea dans l’eau fraîche pour cueillir le fruit de sa convoitise. Elle saisit entre ses doigts menus le fil dansant et tira prestement; le fil s’enroula tout seul dans sa main, sous ses yeux émerveillés. Chez elle, on ne tissait que du grossier fil de lin, qui donnait un tissu frais, certes, mais épais et terne. Jamais on ne touchait un fil de soie; et les mains rudes de la petite paysanne s’extasiaient sur ce fil si beau, si brillant, si doux, fin et léger comme un fil de la vierge et qui semblait ne jamais devoir finir. Elle en ferait un mouchoir de soie qu’elle broderait au petit point, comme les demoiselles. Elle le ferait choir en l’église afin qu’un jeune homme le ramassât et le lui rapportât.

Mais soudain une voix tranche le rêve de la jeune fille: c’est sa mère, là-bas, qui appelle. La petite entend bien mais fait la sourde oreille : ce fil si rare, elle ne peut le laisser. Elle le tire délicatement mais fermement, il est si ténu, si fragile, et semble naître de l’onde même; il s’étire sans fin et le peloton de soie grossit entre ses petites mains. S’il y en a assez, elle pourra faire un foulard pour les jours de fête, comme il sera beau sur ses cheveux noirs… et pourquoi pas un tablier de soie ou un châle à franges…
Au loin, la mère redouble ses appels, la voix impatiente se fait orageuse et l’enfant hésite, partagée entre son devoir d’obéissance et sa découverte extraordinaire qu’elle ne veut pas laisser perdre. Elle continue d’enrouler le fil , vite, vite, le coeur battant, comme un voleur s’emparant d’un trésor et le fil court toujours.
La colère éclate cette fois dans la voix maternelle, ce ne sont plus qu’imprécations et menaces… et l’enfant s’effraie. Elle tire le fil une dernière fois, le cisaille entre deux pierres, se redresse vivement puis rentre chez elle enfin soumise, le peloton de soie rouge serré contre son coeur sous sa chemise, laissant son oeuvre de délivrance inachevée. Elle n’a pas fait trois pas qu’un cri sorti de la fontaine la fait se retourner, un cri de désespoir et de colère. Le fil a été rompu trop tôt… alors même que la fée apparaissait à son extrémité, à demi sortie de sa guangue de pierre. Il s’en était fallu d’un instant.

Depuis ce temps, Margalide est restée ainsi, un pied dans la fontaine, l’autre dans le rocher, prisonnière pour l’éternité. A moins qu’un jour, une main pure en quête de merveilleux ne plonge dans l’eau fraiche de la fontaine et la délivre.

Le serpent d’Isaby

Catégories: Légendes
Tags: Pas d'étiquette
Commentaires: Commentaires fermés sur Le serpent d’Isaby

Voici une balade qui vous conduira jusqu’au lac d’Isaby dont l’existence viendrait d’une légende, le Serpent d’Isaby, un monstre cruel qui mangeait le bétail et aussi les bergers au grand désespoir des habitants de la vallée.
Il fut terrassé par un gentil ferronnier qui, voulant gagner le coeur de sa belle, n’hésita pas à l’affronter avec beaucoup de ruses et de courage, et à lui jeter dans sa gueule des charbons et des ferrailles incandescentes.
Le serpent pour calmer la douleur avala toutes les neiges des montagnes environnantes puis, dans un dernier sursaut, il s’affala et restitua toute l’eau formant ainsi un lac: Isaby.

Vous constaterez que cette légende a laissé son empreinte sur la cartographie puisque le chemin vous fera passer par un endroit nommé le Clos du Serpent.
Cette balade vous conduira également au lac de Bassia du Hautacam qui, bien que situé dans la haute vallée du Chiroulet dans le bassin de l’Adour, est d’un accès relativement facile excepté une petite montée après la Hourquette.

L’Etang de Lers

Catégories: Légendes
Tags: Pas d'étiquette
Commentaires: Commentaires fermés sur L’Etang de Lers

A une quinzaine de kilomètres de Massat sur les montagnes que domine le Pic du Mont Béas, sommeille un plan d’eau de quelque deux hectares de superficie: c’est l’Etang de Lers qui donne naissance à l’Arac, affluent du Salat qui au bout de sa course rejoindra la Garonne. Depuis une époque lointaine et peut-être dès les temps préhistoriques, de vastes pâturages s’étendaient dans ses parages et la tradition nous laisse croire qu’un village s’élevait autrefois à l’emplacement du lac actuel.

Cependant la malédiction s’abattit sur le village quelques temps après le passage d’un mendiant à qui la population villageoise, ce soir là en fête de fin d’estive, avait refusé l’hospitalité pour la nuit.

L’homme rejetté par les villageois passa donc son chemin et rencontra guère plus loin sur le chemin du Col d’Eret (ou col Dret) un pauvre berger et sa fille qui lui ouvrit sa chaumière et l’acceuillit chaleureusement.

L’homme vêtu de haillons leur annonça une nuit terrible: « Les gens du village m’ont repoussé et la colère céleste va se manifester, tout va être englouti, seuls ta fille et toi serez épargnés, mais je vous recommande surtout de ne pas vous retourner même une seule fois car vous seriez aussitôt changés en pierre. »

Comme l’homme l’avait annoncé, tonnerre et trombes d’eau se succèdèrent. L’énorme avalanche de terre et de pierres se détacha du flanc des montagnes et vint engloutir maisons et habitants. Elle combla en même temps l’écoulement normal des eaux et celles ci en s’accumulant dans la dépression ainsi constitué formèrent l’Etang de Lers.

Mais au moment du cataclysme, la jeune Pascaline ne put résister à sa curiosité, se retourna et fut aussitôt changée en pierre. Non loin des rives du lac sur le chemin qui conduit au Col d’Eret, on peut voir la jeune Pascaline figée pour toujours.

Era legenda de Milharis

Catégories: Légendes
Tags: Pas d'étiquette
Commentaires: Commentaires fermés sur Era legenda de Milharis

Bèth temps-a, enas montanhas de Lesponas que vivèvan ethpastor Milharis e tota era familha sua. Quan disi, bèth temps-a, que parli d’un temps aon era montanha non s’èra jame vestida de blanc.

Un maitin, un deth hilhs de Milharis qu’arribè en tot còrrer:
– Pair, Pair, non compreni çó qui’s passa, era térra s’ei cobèrta de blanc.
– Açò, Hilh, qu’ei neu. Qu’ei 999 ans, eth mié darrèr dia qu’ei arribat, eth mié pair que m’ac avéca plan dit. Dab aquera neu que haràs ua torròca e que la lançaràs de ap ara vath. On cajerà qu’m paderatz hicar en tèrra.
En seguir, qu’amassaratz eth tropèth e que seguiratz era vaca nera, era de qui a era mes bèra campana. Que caminaratz. Que’vs miarà au ras d’ua hont on ve poderatz pausar. Qu’ei atheu que mes tard, plan mes tard, que’s bastirà ua bèra vila.
Mes era Nera que tornarà partir de cap a tèrras plan mes bonas, luenh dera neu. Quan s’estangarà que bastiratz un vilatge.

Si’ve passejatz ena montanha de cap ath pic deth Montaigu, dilhéu, e trobaratz era crotz de Belion. Arrespectatz aqueth endret, Milharis que i ei enterrat. Eths oelhèrs, eth monde dera vath quan i pujan peth purmer còp, qu’i dèishan un petit calhau vòt blanc. De qu’en i a qui hèn un vot.

Era legenda aquesta que conda quin se son bastidas Banheras de Bigòrra e Montgalhard. Que’nse demora tanben ua cançon, « era cançon de Milharis » que estò escriuta peth hilh en memora de sa pair.


Et si on traduisait:

Il y a fort longtemps de cela, alors que la neige n’était encore jamais tombée sur les Pyrénées, le pâtre Milharis vivait dans la montagne au dessus de la vallée de Lesponne.

Un matin l’un de ses fils accourut:
– Père, père, je ne sais pas ce qu’il se passe! La terre est couverte d’un tapis blanc!
– C’est de la neige, mon fils! J’ai 999 ans, mon dernier jour est arrivé. Mon père me l’avait prédit. Tu formeras une boule avec cette neige et tu la jetteras au plus loin dans la vallée. A l’endroit où elle tombera, vous m’enterrerez. Ensuite, vous rassemblerez le troupeau et vous suivrez la vache noire. Vous marcherez longtemps…
La vache vous conduira auprès d’une source où vous prendrez repos. A cet endroit s’élèvera une riche cité. Mais la Noire repartira. Elle vous mènera alors, vers une plaine prospère, à l’abri des rigueurs de la neige. Lorsqu’elle s’arrêtera, vous fonderez un village.

En vous promenant dans la montagne, près du pic de Montaigu, vous trouverez la Croix du Béliou. En ce lieu Milharis est enterré! Lors de leur première visite, les bergers, les gens de la vallée y déposent un caillou blanc; certains même formulent un voeu.

Un chant collecté dans la vallée de Lesponne rappelle la mémoire de Milharis. Cette légende donna naissance à Bagnères de Bigorre et à Montgaillard.

Pyrène la belle

Catégories: Légendes
Tags: Pas d'étiquette
Commentaires: Commentaires fermés sur Pyrène la belle

Pyrène était une jolie fille blonde en âge de se marier. Elle vivait avec son père qui était roi. Elle était heureuse, rêvait comme toutes les autres filles de son âge de rencontrer un beau jeune homme. Son père lui, voulait la marier à un prince riche et puissant. Aussi, il en invita de nombreux et les présenta à sa fille. Beaucoup de jeunes hommes se déplacèrent mais Pyrène ne les remarquait pas.

Un jour cependant, un homme se présenta au roi pour lui demander de se reposer chez lui. Il revenait de conquêtes lointaines. Il était grand et fort. Il se présenta sous le nom d’Hercolès. Hercolès qui ne devait faire qu’une halte resta un certain temps, aidant les habitants dans leurs travaux de force car il était très fort.

Pyrène regardait Hercolès avec des yeux brillants. Hercolès regardait Pyrène de la même façon. Ils se rencontraient en secret et passaient d’agréables moments ensemble. Un jour Hercolès dit à Pyrène « Cela fait longtemps que je suis ici, mon pays est vers l’est et il faut que j’y retourne. Je voudrais t’emmener avec moi. Demain j’irai voir ton père et lui demanderai ta main ». Pyrène à ces mots devint très triste, elle savait que son père refuserait. Son bien aimé n’était pas un prince, il était fort mais pas riche. Hercolès insista, il alla voir le roi et lui demanda de lui donner Pyrène comme femme. Le roi refusa et chassa Hercolès qui partit dans la nuit sans rien dire à Pyrène.

Quand elle s’aperçut de son départ, elle s’enfuit à son tour espérant rejoindre son amour. Pyrène marcha, marcha, jusqu’à un lieu nommé Lombrives. Elle rencontra un ourson, elle s’approcha et le prit dans ses bras. Tout à coup, elle entendit un grognement derrière elle. Elle se retourna et vit que c’était la maman de l’ourson. Cette dernière s’approcha de Pyrène, la griffa et la fit tomber. Pyrène hurla de douleur. Hercolès entendit l’écho d’une voix qu’il reconnut tout de suite. Il s’élança alors par dessus cimes et torrents pour sauver Pyrène. Mais il arriva trop tard, sa bien aimée était morte.

Fou de douleur, il s’attaqua aux rochers, les remua et les jeta sur l’ourse. Ensuite il déposa le corps de Pyrène sur un tapis de fleurs et de feuilles. Puis il empila de gros blocs de pierre en guise de tombeau.

Tant que dura sa tristesse, il amassa ainsi les rochers créant une haute montagne qu’on appela « Pyrénées ».

page 1 de 1